Révolution aux frontières : la Chine déploie pour la première fois des robots humanoïdes pour renforcer les contrôles et guider les touristes

28 janvier 2026

Un déploiement inédit aux points de passage

La Chine s’apprête à confier à des robots humanoïdes une part des missions de contrôle et d’accueil aux points de passage frontaliers. L’objectif est d’améliorer la fluidité des files et d’offrir une assistance multilingue aux voyageurs.

UBTech Robotics a décroché un contrat majeur de 264 millions de yuans pour équiper la région frontalière de Fangchenggang, au Guangxi, voisine du Vietnam. Ces systèmes devront guider les touristes, effectuer des vérifications de documents et prendre en charge des tâches logistiques.

Le projet met en avant le Walker S2, un humanoïde industriel lancé en juillet, capable de remplacer sa propre batterie. Cette fonctionnalité promet une autonomie prolongée et un service presque continu aux postes de contrôle.

Un accueil assisté et des contrôles accélérés

Sur le terrain, les robots aideront à orienter les passagers, clarifier les files et répondre aux questions fréquentes. Ils pourront vérifier des pièces, signaler des anomalies et déclencher une assistance humaine si nécessaire.

L’ambition est de réduire les attentes tout en maintenant un haut niveau de sécurité. Les agents resteront au centre des décisions sensibles, les robots jouant un rôle de filtre et d’interface.

Voici les principales fonctions annoncées pour l’accueil frontalier:
– Orientation des voyageurs vers les guichets et les files appropriés
– Assistance à la vérification des documents et au tri des dossiers
– Information en temps réel sur les procédures et les règlements
– Aide logistique pour la gestion des flux et le transport de matériel

« Une innovation visible par tous, au service d’un passage plus serein et d’une sécurité mieux coordonnée. »

Une vitrine de la stratégie industrielle chinoise

Ce déploiement s’inscrit dans une politique de soutien massif à la robotique et à l’IA incarnée. Plusieurs agences locales utilisent déjà des robots pour des tâches administratives et industrielles.

Selon les annonces sectorielles, plus de 150 entreprises chinoises se positionnent sur les humanoïdes bipèdes. UBTech prévoit dès 2025 une production annuelle dépassant le millier d’unités pour des usages variés.

Ces machines seront aussi déployées pour des inspections dans l’acier, le cuivre et l’aluminium, élargissant leur impact au-delà des frontières. Le Walker S2 devient une plateforme pour tester des usages concrets et répliquer à grande échelle.

Le 5000e robot humanoïde polyvalent de Zhiyuan Robotics est sorti des chaînes de production à Shanghai, en Chine, le 8 décembre 2025
Le 5000e robot humanoïde polyvalent de Zhiyuan Robotics est sorti des chaînes de production à Shanghai, en Chine, le 8 décembre 2025 © Tang Yanjun / cnsphoto / Imaginechina via AFP

Questions de sécurité et débat public

L’extension à des fonctions plus sensibles nourrit des interrogations légitimes sur la surveillance et l’éthique. Une vidéo virale en Inde évoquant un « robot » près de la LAC n’a reçu aucune confirmation officielle.

Pour l’heure, le déploiement vise l’orientation et des contrôles d’appui, avec supervision humaine constante. Les autorités insistent sur une complémentarité homme‑machine et sur des garde-fous procéduraux.

Des enjeux de protection des données, de transparence des décisions et de responsabilité restent centraux. Des audits réguliers et des protocoles clairs seront nécessaires pour asseoir la confiance.

Ce qu’il faut retenir

– Contrat majeur pour des humanoïdes de contrôle et d’accueil au Guangxi
– Déploiement autour du robot Walker S2 et de sa modularité énergétique
– Objectif de fluidité, de sécurité renforcée et d’efficacité opérationnelle
– Accélération de la robotique chinoise et multiplication des usages industriels
– Débats sur la surveillance, la gouvernance des données et l’éthique des systèmes

Au‑delà de la frontière, cette expérimentation sert de laboratoire pour l’accueil public et la logistique. Si elle tient ses promesses, elle pourrait inspirer d’autres pays et redessiner l’interface entre voyageurs et institutions.

La réussite dépendra de l’ergonomie des interactions autant que de la technologie. C’est au prix d’un dialogue transparent et d’une évaluation continue des risques que la confiance pourra s’installer durablement.

Marc-André Boucher

Marc-André Boucher

Analyste de formation et passionné de stratégie internationale, j’écris pour 45eNord.ca afin de décrypter les grandes dynamiques militaires mondiales. Mon objectif : rendre claires les logiques de pouvoir et les rapports de force qui façonnent notre époque. J’aime lier les faits du jour à une vision d’ensemble.