SpaceX dévoile des images époustouflantes d’une manœuvre inédite du Starship dans l’espace

27 janvier 2026

Des images qui racontent un tournant

Malgré l’issue encore imparfaite, SpaceX a publié des images qui montrent un progrès tangible du système Starship. On y voit des séquences clés, filmées en vol, qui détaillent des manœuvres jusqu’ici jamais tentées.

Le neuvième essai n’a pas validé la survie de l’étage supérieur à la rentrée, mais il a permis de confirmer des avancées concrètes. Deux jalons ressortent: un SECO réussi et un retournement contrôlé du booster dans l’espace.

Un SECO enfin maîtrisé avec la nouvelle configuration

La coupure des moteurs, le fameux SECO (Starship Engine CutOff), a fonctionné avec la nouvelle génération d’étage supérieur. Cette étape, cruciale pour la gestion des ergols, avait échoué lors des vols 7 et 8.

Revalider ce jalon avec le matériel de seconde génération n’est pas anodin, car l’architecture a évolué depuis le début de l’année. Qui dit nouvelle configuration dit mise au point plus délicate, surtout dans un système aussi intégré.

Le retournement contrôlé du Super Heavy, première mondiale

L’autre fait marquant est l’exécution d’un retournement du booster dans une direction contrôlée, immédiatement après la séparation. Cette « acrobatie » vise à mieux gérer l’énergie sans recourir à un excès d’ergols, tout en préparant un retour plus efficient.

« Après la séparation des deux étages, le Super Heavy s’est retourné dans une direction contrôlée pour la première fois. Cette manœuvre nécessite moins d’ergols en réserve et permet d’augmenter la masse de la charge utile en orbite », a rappelé SpaceX en partageant plusieurs clips de la séquence.

Vue sur le booster Super Heavy - SpaceX
Vue sur le booster. // Source : SpaceX

Pourquoi cette manœuvre compte pour la suite

L’orientation active du booster réduit les corrections coûteuses et augmente la marge pour la charge utile. En mécanique spatiale, chaque kilogramme d’ergols épargné est un kilogramme potentiellement gagné pour le fret ou la récupération des étages.

Couplée à un retour avec un angle d’attaque plus élevé, cette technique favorise une décélération par traînée atmosphérique. L’objectif est de freiner davantage « gratuitement », en économisant des allumages et en préservant le budget propulsif.

Les limites encore visibles après la rentrée

Le revers réside dans la désintégration de l’étage supérieur lors de la phase de rentrée, comme lors des deux vols précédents. Le véhicule n’a pas atteint la séquence d’amerrissage, point d’étape pourtant central pour la réutilisation.

Ce type d’échec est typique d’un programme en itération rapide, où chaque vol sert d’essai instrumenté. L’enjeu consiste à faire converger les progrès côté contrôle et côté tenue thermique en rentrée.

Ce que l’on apprend concrètement

  • SECO validé avec l’étage supérieur de seconde génération, après deux tentatives ratées.
  • Retournement contrôlé du booster, nouveau standard visé pour économiser les ergols.
  • Piste de retour avec angle d’attaque plus haut, pour maximiser la traînée aéro.
  • Étape de rentrée toujours bloquante, avec désintégration avant l’amerrissage.
  • Perspectives d’augmentation de la charge utile, si les économies d’ergols se confirment.

Un pari industriel toujours fondé sur l’itération

Starship reste un programme de rupture, conçu pour la réutilisation intégrale et des cadences élevées. La stratégie de SpaceX consiste à voler souvent, corriger vite, et capitaliser sur un retour d’expérience massif.

La publication d’images détaillées sert aussi de baromètre public, montrant une transparence inhabituelle pour un système spatial de cette taille. On suit quasiment en direct la maturation d’un lanceur de référence.

La suite: vol 10, capture et montée en cadence

Un vol 10 est attendu à court ou moyen terme, avec un intervalle évoqué de quelques semaines entre tentatives. SpaceX mentionne même l’hypothèse d’une capture du booster, étape spectaculaire mais hautement technique.

Si le retournement contrôlé se généralise, la fenêtre s’ouvrira pour des profils de retour plus économes et des charges utiles plus lourdes. Le point dur demeure la rentrée de l’étage supérieur, qui conditionne la pleine réutilisabilité du système.

Un équilibre délicat entre risque et progrès

Chaque vol teste l’interface entre hardware robuste et logiciel agile, un mariage rarement simple à cette échelle industrielle. Les images publiées confirment toutefois une trajectoire de maîtrise progressive des manœuvres clés.

À ce stade, le bilan mêle échecs de rentrée et percées opératoires, avec un signal encourageant sur le pilotage du booster. Si la dynamique se maintient, le prochain palier sera de franchir la rentrée sans rupture, afin d’entrer enfin dans le cycle de réutilisation promis.

Marc-André Boucher

Marc-André Boucher

Analyste de formation et passionné de stratégie internationale, j’écris pour 45eNord.ca afin de décrypter les grandes dynamiques militaires mondiales. Mon objectif : rendre claires les logiques de pouvoir et les rapports de force qui façonnent notre époque. J’aime lier les faits du jour à une vision d’ensemble.