Arrestation spectaculaire à Oslo : deux Singapouriens se disant touristes interpellés après avoir fait voler un drone au‑dessus de la capitale

20 février 2026

Deux ressortissants singapouriens ont été interpellés à Oslo lundi soir pour avoir fait voler un drone au‑dessus d’une zone interdite, selon la police norvégienne. L’affaire intervient dans un contexte de vigilance accrue autour des survols non autorisés, alors que de récents incidents ont déjà perturbé le trafic aérien en Scandinavie. Les personnes arrêtées se présentent comme de simples touristes, mais font désormais face à d’éventuelles sanctions administratives et pénales.

Contexte de l’arrestation

D’après les premières informations, le couple, âgé d’une cinquantaine et d’une soixantaine d’années, aurait piloté un drone au‑dessus de la forteresse d’Akershus et de l’Opéra d’Oslo. Ces sites se trouvent en plein centre‑ville, une zone classée en grande partie « no‑fly », où tout survol récréatif est strictement limité. Les autorités rappellent que la capitale norvégienne comporte plusieurs périmètres protégés, en particulier autour des infrastructures critiques, des bâtiments officiels et des espaces densément fréquentés.

L’intervention s’est déroulée en début de soirée, après des signalements de citoyens et une patrouille déclenchée par la police. Selon la procédure, le drone aurait été saisi pour examen technique, de même que les téléphones et la radiocommande. Le couple, qui affirme visiter la Norvège pour motif touristique, a été conduit en garde à vue pour être entendu.

Pas de lien établi avec les perturbations aéroportuaires

Cette arrestation survient quelques heures avant des perturbations enregistrées aux aéroports d’Oslo et de Copenhague, où des drones ont entraîné une brève suspension des décollages et atterrissages. Les enquêteurs soulignent toutefois qu’aucun lien n’est, à ce stade, établi entre l’affaire d’Oslo centre et les incidents observés dans les aéroports.

« Comme les deux personnes interpellées sont des ressortissants étrangers, il sera pertinent d’ouvrir une procédure d’expulsion ou de reconduite à la frontière conformément à la loi sur l’immigration », a indiqué le substitut du procureur André Kvistad Alme. Il précise que le dossier reste à un stade préliminaire, avec des vérifications en cours.

Enquête et conséquences légales

L’enquête portera notamment sur les trajectoires précises du drone, l’analyse des journaux de vol et l’origine des équipements utilisés. Des interrogatoires complémentaires sont prévus, et des expertises techniques pourraient déterminer si des capteurs ou dispositifs de contournement des restrictions de vol ont été employés.

En Norvège, la réglementation sur les drones est alignée sur le cadre européen de l’EASA, imposant l’enregistrement des pilotes, le respect des hauteurs maximales et l’interdiction de survol des zones sensibles. Les sanctions peuvent inclure des amendes substantielles, la confiscation du matériel et, s’agissant d’étrangers, une possible expulsion. Pour la police, la priorité reste la protection de la sécurité publique et de l’espace aérien urbain.

Vigilance accrue en Europe

Depuis le début de la guerre en Ukraine, de nombreux pays européens ont renforcé leur surveillance face aux activités de drones à proximité d’infrastructures stratégiques. Les autorités redoutent des opérations dites hybrides, susceptibles de mêler repérage, propagande ou perturbations délibérées. La Scandinavie, avec ses sites énergétiques et ses hubs aériens, n’échappe pas à cette pression, multipliant les dispositifs de détection et les patrouilles.

Les experts rappellent que les usages légitimes des drones — photographie, cartographie, loisirs — coexistent avec des usages abusifs qui peuvent mettre en danger la navigation aérienne. Ce contexte explique la fermeté accrue des réponses policières, même lorsque les pilotes invoquent une méconnaissance des règles locales.

Ce que risquent les pilotes de loisir en Norvège

  • Enregistrement du pilote et formation en ligne via les plateformes de l’autorité de l’aviation civile.
  • Respect d’une hauteur maximale de 120 mètres AGL, sauf autorisation spéciale.
  • Maintien du drone en vue directe et interdiction de vol de nuit sans conditions dédiées.
  • Interdiction de survol des foules, des aéroports et des zones gouvernementales sensibles.
  • Consultation des cartes aéronautiques et des NOTAM avant tout décollage.
  • Risque d’amendes, de saisie du matériel et, pour les étrangers, de reconduite à la frontière.

Réactions et message aux voyageurs

À Oslo, l’épisode relance le débat entre attractivité touristique et impératifs de sécurité dans une capitale très photographiée. Les autorités insistent sur la responsabilité des visiteurs qui apportent du matériel aérien, et sur l’importance de vérifier les restrictions locales avant tout vol. Les associations de drones norvégiennes encouragent l’usage d’outils officiels de planification et le respect des couloirs urbains interdits.

Pour l’heure, le couple singapourien maintient sa version de touristes mal informés, tandis que l’enquête suit son cours. Le dossier illustre la complexité des règles aériennes en milieu urbain et la nécessité d’une pédagogie continue, à l’heure où les drones sont devenus des compagnons de voyage aussi populaires que potentiellement intrusifs.

Catégories Air
Marc-André Boucher

Marc-André Boucher

Analyste de formation et passionné de stratégie internationale, j’écris pour 45eNord.ca afin de décrypter les grandes dynamiques militaires mondiales. Mon objectif : rendre claires les logiques de pouvoir et les rapports de force qui façonnent notre époque. J’aime lier les faits du jour à une vision d’ensemble.