Une marine française Mistral Un navire d’assaut amphibie de classe a été photographié transportant le nouveau lanceur modulaire Rampart de Naval Group, un système conçu pour permettre à une seule station d’armes d’utiliser différents types de roquettes, missiles et autres effecteurs contre un large éventail de menaces.
L’imagerie, capturée au large de Toulon lors d’un entraînement le 21 septembre, révèle le lanceur installé sur le sponsor avant tribord du navire. Bien que l’identité spécifique du navire ne soit pas claire, il s’agit de la première preuve publiquement observée que Rampart s’est lancé dans les tests à bord.
Naval Group a annoncé en juin que la première campagne de tirs en mer pour Rampart était prévue en octobre à bord d’un Mistral navire de classe lors de l’exercice de contre-drone Wildfire de la Marine nationale.
Ce qui rend Rampart inhabituel, c’est son architecture modulaire. Plutôt que d’être construit autour d’un seul missile ou fusée, le système utilise des modules de lancement interchangeables pouvant accueillir différentes armes. Cela permet à un navire de transporter un grand nombre de roquettes guidées relativement peu coûteuses pour lutter contre les drones, tout en conservant la possibilité d’utiliser des missiles à courte portée plus gros et plus performants contre des cibles plus difficiles.
Étant donné que les modules de lancement sont interchangeables, la combinaison peut théoriquement être modifiée à mesure que la mission ou l’environnement de menace change.
Cette approche vise directement un problème devenu de plus en plus important pour les forces navales : défendre des navires coûteux contre un nombre potentiellement important de systèmes et de missiles sans équipage bon marché sans s’appuyer exclusivement sur des intercepteurs coûteux.
Rampart était auparavant connu sous le nom de système de lancement polyvalent et modulaire (MPLS). Naval Group a dévoilé le concept en 2023 dans le cadre d’un effort de développement autofinancé et a officiellement présenté le Rampart plus tôt cette année.
Le lanceur utilise quatre modules de munitions interchangeables. Selon la configuration, Naval Group indique que le système peut accueillir jusqu’à 80 roquettes à guidage laser Thales de 68 mm ou 48 roquettes à guidage laser de 70 mm aux normes OTAN. D’autres configurations peuvent transporter un plus petit nombre de missiles à courte portée (quatre à six par module, selon le type) ou d’autres effecteurs, y compris des leurres.
Le système a déjà été démontré avec des fusées guidées. Un essai réalisé en janvier 2026 a impliqué une fusée guidée Thales de 68 mm, suivi d’une série de tirs sur le polygone de Canjuers, dans le sud de la France, en mai. Ces essais, vus dans la vidéo ci-dessous, comprenaient des engagements contre des cibles situées à environ trois kilomètres et une salve de cinq roquettes.
Les fusées guidées, relativement petites, sont particulièrement utiles pour les opérations de lutte contre les drones. Ils offrent un moyen d’engager des cibles aériennes avec une arme nettement plus petite qu’un missile sol-air classique, tout en fournissant un guidage précis.
Outre les fusées, Naval Group travaille avec Thales sur le missile léger multirôle (LMM). Également connu sous le nom de Martlet, le LMM est destiné à s’attaquer à une gamme de cibles aéroportées et de surface difficiles, comme vous pouvez le lire ici.
La société a également exploré l’intégration de munitions errantes et d’autres missiles, tandis qu’un accord distinct avec le groupe EDGE basé aux Émirats arabes unis couvre les essais du missile sol-air SkyKnight.
La société a également poursuivi l’intégration du missile de défense aérienne à courte portée polonais Piorun. Cela pourrait bien être dans la perspective d’un éventuel achat polonais de Rampart pour armer ses prochaines frégates, que vous pouvez lire ici.

Cela signifie que le lanceur est effectivement développé comme une plate-forme ouverte d’intégration d’armes, plutôt que comme un lanceur dédié à une ou à un petit ensemble de munitions particulières.
Cette ouverture pourrait rendre Rampart attrayant pour un large éventail de marines. Au lieu d’exiger des clients qu’ils adoptent une toute nouvelle famille de missiles, le lanceur peut potentiellement être configuré autour d’armes déjà présentes dans leurs inventaires ou provenant de leurs industries de défense nationales. Un pays pourrait donc acheter le lanceur commun Rampart tout en gardant le contrôle des effecteurs qu’il souhaite intégrer, qu’il s’agisse de fusées guidées, de missiles à courte portée, de munitions rôdantes ou d’autres systèmes. Dans le même temps, lorsqu’il s’agit de menaces aériennes, il s’agit essentiellement d’un système de défense ponctuel pour les engagements rapprochés et d’une dernière ligne de défense pour compléter les systèmes à plus longue portée et plus performants.
Naval Group a décrit le système comme capable de fonctionner soit de manière autonome, soit dans le cadre du système de combat d’un navire, avec une tourelle stabilisée et un équipement de conduite de tir intégré.
Cette intégration sera particulièrement importante lors des prochains essais en mer. Un lanceur qui fonctionne contre des cibles fixes ou terrestres doit toujours faire face aux mouvements du navire, aux vibrations, aux embruns, à l’intégration des capteurs et aux délais compressés impliqués dans la défense d’un navire en mouvement.
La France exploite trois Mistral navires d’assaut amphibies de classe , qui servent de plates-formes majeures d’aviation, de commandement et de guerre amphibie. Leur taille et leur mission en font des atouts de grande valeur susceptibles de faire face à un large éventail de menaces aériennes lors des opérations. Deux autres navires ont été construits selon le même modèle pour la Russie, avant d’être placés sous embargo, puis vendus à la marine égyptienne.

Le choix par Naval Group d’un Mistral La première campagne en mer offre l’opportunité de tester Rampart dans des conditions opérationnelles réalistes tout en l’intégrant à un système de combat naval français existant.
Dans sa forme de base, chaque Mistral est armé d’une paire de lanceurs Simbad, chacun étant équipé de deux missiles sol-air à courte portée Mistral. En termes de canons, chacun des navires est armé de deux canons de 30 mm et de deux canons de 20 mm, de deux miniguns M134 de 7,62 mm et de quatre mitrailleuses de 12,7 mm. L’ajout d’un seul lanceur Rampart offre beaucoup plus d’options contre des cibles aériennes sur un large éventail de menaces, en fonction des effecteurs inclus.

Les récentes opérations américaines et alliées au Moyen-Orient ont mis en lumière le problème des attaques de missiles et de drones à grande échelle qui obligent les forces à utiliser un nombre important d’intercepteurs, suscitant des inquiétudes quant à la profondeur des chargeurs et au coût de l’utilisation de missiles haut de gamme contre des menaces à moindre coût. Les armes à énergie dirigée pourraient éventuellement permettre de résoudre ce problème d’échange de coûts, mais les systèmes laser embarqués en sont encore aux premiers stades de développement opérationnel. Les marines ne peuvent pas simplement attendre qu’ils mûrissent, ce qui créerait un besoin immédiat d’options cinétiques de grande capacité et à moindre coût. La grande capacité de fusée guidée de Rampart et sa capacité à mélanger différents effecteurs visent exactement à combler cette lacune.
Si Rampart peut engager de manière fiable des drones avec des roquettes guidées peu coûteuses tout en conservant la possibilité d’utiliser des missiles plus performants à partir du même lanceur, il pourrait offrir aux marines une couche défensive supplémentaire entre les canons conventionnels et les systèmes de missiles sol-air haut de gamme.
Il est important de noter que de nouveaux effecteurs pourraient également être intégrés dès qu’ils seront disponibles, permettant ainsi au système d’évoluer sans remplacer la tourelle entière.
Compte tenu de l’urgence du besoin, le développement de Rampart par Naval Group a été relativement rapide.
Naval Group a également présenté un Rampart au sol, monté sur un châssis de camion à grande mobilité. Cette configuration est destinée aux missions mobiles de défense aérienne ainsi qu’à la protection de sites fixes, conférant au système un rôle au-delà de l’autodéfense des navires. La version montée sur camion pourrait fournir un lanceur rapidement déplaçable pour les missions de lutte contre les drones et de défense aérienne à courte portée, tout en conservant la même architecture modulaire de base et la même capacité à utiliser différents effecteurs.
Les photographies de Toulon indiquent que le concept Rampart passe désormais du champ de tir à la flotte française, quoique à titre expérimental. La prochaine campagne en mer constituera une étape importante et devrait permettre de mieux comprendre le fonctionnement de ce système en mer.
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