Frappes choc au Nigeria: Donald Trump ordonne des raids contre des « terroristes » et resserre spectaculairement sa coopération avec Abuja

20 février 2026

Washington a ordonné dans la nuit de Noël des frappes ciblées au nord-ouest du Nigeria, marquant une intensification de la coopération sécuritaire avec Abuja. Sur Truth Social, Donald Trump a revendiqué une action contre des « terroristes », promettant de défendre les chrétiens persécutés.

Une opération conjointe sous haute tension

Le ministère nigérian des affaires étrangères a confirmé une action « conjointe » avec les États-Unis, tout en refusant de l’assigner à un cadre religieux. Selon Abuja, les cibles relevaient d’une menace armée active dans des zones frontalières instables.

Le message de la Maison Blanche insiste sur la lutte contre l’organisation État islamique en Afrique de l’Ouest, présentée comme un foyer de violences. Des responsables nigérians soulignent pourtant la complexité locale, où se mêlent banditisme, contrebande et allégeances fluides.

Cibles et théâtre des frappes

Les frappes ont visé l’État de Sokoto, région au nord-ouest du Nigeria à la périphérie des réseaux djihadistes transfrontaliers. Des images diffusées par le commandement américain en Afrique ont montré des tirs de missiles depuis un navire déployé dans le golfe de Guinée.

Plusieurs experts estiment que les positions atteintes abritaient des éléments criminels affiliés au courant sahélien dit « Lakurawa », structure mêlant idéologie et économie illicite. L’implantation d’EI dans cet espace reste jugée limitée, mais les alliances sont volatiles.

Coopération renforcée entre Washington et Abuja

Sur le plan militaire, l’opération illustre une coordination accrue des renseignements, de la surveillance aérienne et du ciblage maritime. Abuja y voit un levier pour contenir des incursions venues du Niger et du Bénin, et sécuriser des axes routiers essentiels.

Côté américain, la Maison Blanche présente l’action comme un signal de dissuasion à l’égard de groupes testant les lignes rouges régionales. Elle sert aussi de rappel de la capacité de projection navale des États-Unis le long du littoral ouest-africain.

Réactions et bataille du récit

À Washington, les républicains saluent une réponse « ferme » face au terrorisme, quand des élus démocrates exigent des garanties sur le respect du droit international. Au Nigeria, des voix de la société civile appellent à une enquête indépendante sur d’éventuelles victimes civiles.

« Ce soir, ils ont payé », a lancé Donald Trump, revendiquant un effet immédiat de la riposte. À l’inverse, des analystes régionaux redoutent une dynamique de représailles, susceptible de déplacer les violences vers des zones plus peuplées.

Droit, risques et impacts humanitaires

Le cadre juridique s’appuie, côté américain, sur des autorisations antiterroristes de longue date, souvent invoquées pour des opérations extraterritoriales. Des ONG rappellent toutefois l’obligation de proportionnalité et la transparence post-frappe.

Sur le terrain, les déplacements forcés s’amplifient dès que la pression militaire s’intensifie. Les services de secours signalent des besoins en eau, abris et soins, tandis que l’accès aux zones rurales demeure périlleux pour les humanitaires.

Les ressorts sécuritaires locaux

Dans le nord-ouest nigérian, la frontière entre banditisme et djihadisme reste poreuse, avec des trafics d’armes et de bétail qui financent les groupes armés. Les chefs locaux négocient souvent des trêves précaires, vite rompues par de nouvelles razzias.

La coordination sous-régionale est cruciale, car les réseaux traversent aisément les frontières héritées de la colonisation. Sans coopération entre le Niger, le Nigeria et le Bénin, les poches d’insécurité se reconstituent rapidement.

Ce que cette opération pourrait changer

  • Une pression militaire plus soutenue sur les couloirs logistiques des groupes armés.
  • Un partage de renseignements plus réactif entre Washington et Abuja.
  • Des besoins humanitaires accrus dans les zones frappées.
  • Un risque de déplacement des violences vers d’autres États frontaliers.
  • Une recomposition des allégeances locales sous l’effet de la dissuasion.

Une équation politique encore ouverte

Pour Abuja, l’enjeu est de convertir le gain tactique en stabilisation durable, via des politiques de développement et une justice locale crédible. Sans redonner des perspectives aux jeunes ruraux, les recruteurs armés garderont une avance.

À Washington, l’option des frappes ciblées confirme une doctrine d’« empire léger », fondée sur la projection ponctuelle et l’appui à des partenaires. Son efficacité dépendra d’un suivi politique patient, au-delà du seul outil militaire.

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Marc-André Boucher

Marc-André Boucher

Analyste de formation et passionné de stratégie internationale, j’écris pour 45eNord.ca afin de décrypter les grandes dynamiques militaires mondiales. Mon objectif : rendre claires les logiques de pouvoir et les rapports de force qui façonnent notre époque. J’aime lier les faits du jour à une vision d’ensemble.