L’Europe du Nord fait face à une série d’incidents aériens inédits, avec des survols de drones non identifiés au-dessus des aéroports de Copenhague et d’Oslo. Les autorités privilégient la prudence, tandis que l’enquête s’annonce complexe.
Chronologie et premier bilan
Lundi 22 septembre, l’aéroport de Copenhague a suspendu ses opérations pendant environ quatre heures, après des survols répétés par des appareils supposés être des drones. Le trafic a ensuite repris peu après minuit, sous étroite surveillance.
À Oslo, des observations similaires ont provoqué la fermeture temporaire de l’aéroport de la capitale norvégienne. La police a confirmé l’ouverture d’une enquête, en lien avec les services spécialisés de renseignement.
Conséquences pour les passagers
Au Danemark, l’épisode a entraîné l’annulation d’environ cent vols et le détournement de trente-et-un appareils vers d’autres plates-formes. Près de 20 000 voyageurs ont subi des retards, files d’attente et reprogrammations.
Dans les terminaux, des écrans d’information clignotaient de rouge, tandis que des passagers tentaient de rebooker leurs billets auprès des compagnies. Les opérateurs aériens évoquent une journée de grave perturbation.
Une menace jugée sérieuse
À Copenhague, la Première ministre Mette Frederiksen a dénoncé une possible atteinte à une infrastructure critique. Elle a parlé de l’« attaque la plus grave contre une infrastructure critique » constatée récemment au Danemark.
Cette alerte intervient après d’autres incidents en Europe de l’Est, alimentant la crainte d’un schéma coordonné. Les autorités évoquent un niveau de vigilance durablement rehaussé.
Pistes techniques et modes opératoires
La police de Copenhague évoque un « acteur compétent » capable de mener des survols répétés, avec des trajectoires coordonnées. Certains engins auraient convergé de directions différentes, peut-être lancés depuis un bateau.
Les spécialistes s’intéressent à la portée des liaisons radio, à l’autonomie des batteries et à d’éventuelles navigations préprogrammées. Ces éléments suggèrent un niveau élevé de planification.
Oslo active ses réseaux
En Norvège, les services PST confirment leur implication et des échanges au niveau international. « PST est, comme c’est l’usage, en contact avec les acteurs concernés », a déclaré Eirik Veum à l’AFP.
La priorité est de recouper les témoignages, d’exploiter les radars et d’analyser d’éventuels débris. Les enquêteurs veulent établir la typologie des appareils et leurs itinéraires exacts.
Prudence géopolitique
Du côté de l’Otan, il est jugé « trop tôt » pour imputer une responsabilité étatique. Cette position de prudence s’explique par l’absence de preuves publiques et la sensibilité du dossier.
Moscou dément toute implication, fustigeant des accusations « sans fondement ». Cette négation renvoie à une série de déclarations similaires, déjà entendues lors d’incidents précédents.
Ce que l’on sait à ce stade
- Des survols répétés ont visé les aéroports de Copenhague et d’Oslo, provoquant des fermetures temporaires.
- À Copenhague, environ cent annulations et trente-et-un détournements ont été recensés.
- Les drones semblent avoir suivi des trajectoires coordonnées depuis plusieurs directions.
- L’origine des appareils et l’identité des auteurs restent inconnues à ce jour.
- Les services de sécurité danois et norvégiens mènent des enquêtes avec des partenaires internationaux.
Le contexte européen
Ce dossier s’ajoute à des intrusions par drones en Pologne et en Roumanie, ainsi qu’à des incidents cyber visant des aéroports. Le week-end dernier, une attaque informatique a perturbé des enregistrements passagers.
À Londres, Berlin, Bruxelles et Dublin, des retards ont révélé la fragilité des systèmes numériques. La combinaison de menaces physiques et logicielles complique la réponse des autorités.
Contre-mesures et angles morts
Les aéroports renforcent leurs protocoles, intégrant des capteurs radiofréquences, des radars basse altitude et des solutions anti-drone. L’objectif est de détecter, localiser et neutraliser sans danger.
Ces outils restent coûteux et soumis à des cadres juridiques stricts, notamment sur la neutralisation d’appareils civils. Les régulateurs devront équilibrer sécurité publique et libertés individuelles.
La voix des autorités
Pour Jens Jespersen, responsable de la police de Copenhague, « c’est un acteur qui possède des capacités, une volonté et les outils pour se montrer ». Cette appréciation renforce l’hypothèse d’une opération planifiée.
En parallèle, Mette Frederiksen lie ces événements à une tendance plus large d’attaques hybrides en Europe. Son message incite à la coordination et à la résilience collective.
Et maintenant ?
Les prochains jours seront consacrés à l’analyse des données radar, des flux radio et des images de vidéosurveillance. Les autorités publieront des recommandations pour durcir les procédures aéroportuaires.
Pour les voyageurs, il est conseillé de vérifier les notifications des compagnies et d’anticiper des délais possibles. La transparence et la préparation resteront les meilleurs alliés face à l’imprévu.